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Georges Feydeau, boursier reconnu, écrivain à la mode, ami
de Théophile Gautier et Flaubert se marie en secondes noces à
la ravissante Léocadie Zelewska, jeune femme volage qui suscite
bien des passions parmi les hautes personnalités de l'époque.
De cette union naît Georges le 8 Décembre 1862 à Paris.
La paternité d'Ernest est contestée , le Duc de Morny ayant
partagé les faveurs de Léocadie. Valentine vient au monde
4 ans plus tard. Le petit Georges est un enfant "terrible,"
qui découvre le théâtre à 7 ans et commence
à écrire des pièces aussitôt. Elève
paresseux il quitte le Lycée Saint Louis sans diplôme et
partage son temps entre l'écriture et le travail d'acteur, au sein
du"Cercle des Castagnettes", puis du "Cercle de l'Obole"
. Il publie des monologues, en vogue à cette époque, mais
il s'oriente rapidement vers les vaudevilles qu'il écrit en collaboration
avec Maurice Desvallières. Noctambule, il soigne ses relations
mondaines; beau, élégant, spirituel, il séduit les
femmes! Il se passionne pour la peinture, prend des cours auprès
de Carolus-Duran dont il épousera la fille, Marie -Anne, en Décembre
1889. Il aura 4 enfants , Jacques, Germaine, Michel, Jean- Pierre.
C'est à partir de 1892 que ses pièces connaissent un réel
succès. En 1895 il se sépare de Desvallières . Feydeau
pense qu'il est capable d'écrire tout seul des pièces d'une
qualité supérieure. La première comédie ainsi
conçue le DINDON, créée au Théâtre du
Palais Royal le 8 Février 1896 , remporte un triomphe qui sera
amplement confirmé trois ans plus tard par LA DAME DE CHEZ MAXIM'S.
Il est désormais reconnu comme le maître du vaudeville, et
entre les pièces qu'il écrit toujours dans l'urgence, étant
d'un naturel indolent, il passe sa vie entre gains et surtout pertes au
baccara et à la bourse, achats de tableaux de Millet, Boudin, Sisley,
ou Utrillo....et conquêtes féminines. En 1904 , lassée,
Madame Feydeau demande le divorce.
En 1919 son état de santé déjà fragile se
dégrade irrémédiablement crises de colère
alternent avec bredouillements, le diagnostic implacable de"syphilis
nerveuse" est prononcé. Il affirme être le fils de Napoléon
III. C'est à Rueil Malmaison qu'il termine ses jours le 5 Juin
1921.
"Je
ne sortirai plus d'ici....Je vais donc mourir à Rueil! Allons c'est
très bien. Un vrai parisien meurt en banlieue : c'est de là
qu'il embrasse le mieux Paris!"
QUELQUES
PIÈCES ET MONOLOGUES
1878-1880
L'AMOUR DOIT SE TAIRE
1882 PAR LA FENÊTRE
1884 LE COLIS
1886 TAILLEUR POUR DAMES
1888 LES FIANCES DE LOCHES
1892 CHAMPIGNOL MALGRÉ LUI
1894 UN FIL A LA PATTE
1894 L'HÔTEL DU LIBRE ÉCHANGE
1896 LE DINDON
1899 LA DAME DE CHEZ MAXIM'S
1904 LA MAIN PASSE
1907 LA PUCE À L'OREILLE
1908 OCCUPE-TOI D'AMÉLIE
1911 MAIS N'TE PROMÈNE DONC PAS TOUTE NUE !
1916 LA COMPLAINTE DU PAUVRE
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Elisa
CHICAUD :
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Propos
de Mise en Scène
Depuis
plusieurs années déjà Le Théâtre de
l'Escabeau s'interroge sur le rire. Commencée avec "Bergson-Feydeau",
écrit et mis en scène par Philippe RÉACHE, poursuivi
avec "les Femmes Savantes", mis en scène par Jean-Denis
LEFÈVRE, cette recherche se poursuit aujourd'hui avec LE DINDON
de Georges Feydeau. Dans les pièces de Feydeau les choix de mise
en scène sont très limités. Le propos est simple,
clair et précis, il y a fort peu de place pour l'exégèse
et le flou artistique n'y est pas de mise. Le travail des comédiens
a été essentiellement axé sur la sincérité,
l'acteur devant se refuser toute complaisance. S'il doit faire rire, il
ne doit jamais chercher à faire rire. Ce sont les situations dans
lesquelles le personnage est enfermé et le regard qu'il porte sur
elles qui sont comiques. Nous avons cherché, à travers la
rigueur de l'enchaînement des situations, la rapidité du
mouvement de la pièce, la complexité et la précision
des mécanismes mis en uvre, à atteindre le burlesque,
par ailleurs ce burlesque est inhérent à l'écriture.
Du début à la fin il n'est question que de la "gaudriole"et,
là aussi, peu de possibilités de flou. Qui va finalement
coucher avec qui, et comment y parviendront-ils ? Les personnages sont
animés de désirs ravageurs souvent situés au dessous
de la ceinture. Nous n'avons pas cherché à édulcorer
le propos ! Très mobiles les décors permettront de passer
d'un lieu à un autre sans altérer le mouvement général
de l'action . Spectateurs d'un soir, sachez donc que si vous venez tranquillement
vous amuser aux rocambolesques machinations de Feydeau, votre rire aura
poussé sur un terreau fait d'astreinte, de précision, de
technique en un mot, d'effort.
Il se trouve pourtant, et c'est la magie du théâtre, qu'au
jour de la première et à chacune des représentations
, comme vous, nous nous amuserons......et peut-être saurons nous
un jour enfin, pourquoi nous rions !
Elisa CHICAUD
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