La Pièce
Comédie policière
Comment se fait-il que Julien Fanshaw, musicien incompris, n'ait
mis que dix minutes pour aller chez son impresario et en revenir,
alors que celui-ci habite à une demi heure de chez lui ? Par
quel miracle lui, d'ordinaire si timoré, si bourru, si terne,
peut-il se monter soudain aussi insolent ave son oncle Ernest, aussi
galant avec Edith, sa belle-mère, aussi séducteur avec
sa femme, et aussi bon pianiste ?
Edith a-t-elle raison de croire que David, le frère jumeau
de Julien, qu'on croyait décédé, est réapparu
pour réaliser les désirs les plus secrets de son frère
? Tout cela n'est peut-être qu'une plaisanterie. Mais, lorsqu'un
des protagonistes est assassiné, la plaisanterie tourne au
vinaigre.
Une comédie policière brillante, pleine d'humour, de
retournements et de suspense, qui fait penser encore plus à
Hitchcock qu'à Agatha Christie.
Quand Gabriel Arout a écrit Gog et Magog, il était à
l'apogée de sa carrière. Sa pièce fut montée
en 1959 à La Michodière où elle connut un immense
succès. Ses interprètes, parmi lesquels François
Périer et Jacqueline Maillan, l'ont jouée pendant près
de trois ans.
L'auteur
1909 -1982
Gabriel Arout de son vrai nom Gabriel Aroutcheff est un auteur français
d'origine russe. Arrivé en France en 1921, il fait ses études
à La Sorbonne. Encouragé par un professeur qui le remarque,
il affirme sa vocation pour la littérature, mais préfère
d'abord exercer des petits boulots, de porteur de bagages à
journaliste sportif, pour voyager ;puis il se tourne vers le roman
et les nouvelles.
Passionné par la dramaturgie grecque, le théâtre
est pour lui une forme raffinée de la littérature .
Ses premières pièces sont des tragédies modernes.
Ensuite il se tourne vers la Comédie.
Marcel Achard et Louis Ducreux s'interessent à sa pièce
Orphée ou la Peur des Miracles, Pauline ou l'écume de
la mer servie par Pierre Fresnay remporte un franc succès.
Il travaille avec François Périer co-directeur de La
Michodière qui mettra en scène et jouera dans GOG ET
MAGOG en 1959 , la salle ne désemplira pas durant presque trois
années.
La Dame de Trèfle, Guillaume le Confident, Oui, ont connu aussi
un grand succès.
Auteur, adaptateur il collabore avec de grands metteurs en scène
dont, Pierre Dux, Georges Vitaly, Claude Régy, Michel Vitold
; et avec de grands comédiens, Denise Gence, Jean Rochefort,
Jean Piat, Louis Velle, Madeleine Robinson, Delphine Seyrig et bien
d'autres.
Il adapte de grands textes,l'Idiot, Crimes et Châtiment, Cet
animal étrange, Des Pommes pour Eve, La Passion d'Anna Karénine,
Du Rire aux larmes.Il traduit Anna Lucasta, Boris Godounov,
Il cosigne les dialogues du film Les Hussards avec Bourvil, et est
coauteur de l'adaptation de Sois belle et tais-toi de Marc Allegret
et de La Mort en ce jardin de Luis Bunuel
.
En 1978 le grand prix de la Société des auteurs et
en 1981 le grand prix du théâtre de l'Académie
Française lui sont déscernés.
Théâtre ( sélection)
Orphée ou la peur des miracles 1935
Le Nud gordien 1939
Pauline ou L'Ecume de la Mer 1943
Le Bal du Lieutenant Helt 1948
Maupassant chez Flaubert 1950
Une Valise à la main 1951
Deux fois eux font cinq ou Guillaume le Confident 1951
La Dame de Trèfle 1952
Le Banc 1953
Le Président Wilson 1958
Gog et Magog 1959
Cet Animal étrange 1964
Des Pommes pour Eve 1969
Dressage en férocité
Oui 1971
Propos de mise en scène
Comédie de Gabriel Arout
D'après " Double image " de Roger Mac Dougall et
Ted Allan
(Tirée d'une nouvelle de Roy Vickers)
Lorsqu'il entreprit d'adapter " Double image " de Roger
Mac Dougall et Ted Allan, Gabriel Arout ne songeait pas qu'il put
en tirer une uvre aussi personnelle. Non seulement il réécrivit
les dialogues à sa manière - entre autres, l'échange
sur " l'Odyssée " entre Ernest et Thwaites ou bien
la célèbre adresse de Julien au public dans l'acte II
- mais il fit de l'argument " policier " de la pièce
anglaise - les jumeaux - une mouture nouvelle et imprévue d'un
des grands thèmes du théâtre universel (et d'ailleurs
de son propre théâtre, cf. " La dame de trèfle
".) : Comment échapper à l'image que le "
pli " de la vie renvoie de soi aux autres et dont on ne peut
se défaire ?
Tout en m'efforçant de rendre, sans fausse pudeur, la drôlerie
et les multiples rebondissements de la pièce, nous chercherons
donc à mettre en lumière son côté
appelons-le,
si ce n'est pas trop prétentieux, " pirandellien ".
Philippe Réache-